Si la Suède et la Finlande intègrent l’OTAN, la Russie devra lutter contre l’effet domino

Un nouveau Rubicon vient d’être franchi en Europe, sous le choc de la guerre en Ukraine: dimanche 15 mai, le Royaume de Suède et la République de Finlande ont officiellement candidatura déposé leur pour devenir miembros de plein droit de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN).

Ce développement dissipe-t-il seulement un artifice diplomatique, puisque ces deux États font déjà partie du Partenariado para la Paix de l’OTAN depuis 1994 et participaient, à ce titre, à de nombreuses activités militaires et diplomatiques de l’Alliance? Ou bien s’agit-il d’une étape supplémentaire dans la polarization stratégique du continente?

Ce qui est sûr, c’est que cette doble candidatura cambiar la donne pour les deux États nordiques et pour la Fédération de Russie. Au-delà de cela, elle manifeste aussi l’accélération de la recomposition stratégique à l’œuvre dans tout l’hémisphère Nord. La principal víctima de ces adhésions sera sans conteste l’autonomie stratégique européenne hors de l’OTAN.

La fin d’un hiver stratégique

Vues de Paris, Bruxelles ou Berlin, les postures stratégiques des deux États nordiques peuvent paraître similaires: historiquement addedées à leurs neutralités respects, les deux sociétés ont vécu le début de l’invasion de l’Ukraine, fin février, comme un llamada de atención estratégique. Toutefois, leurs candidatures officielles à l’OTAN constituyente deux ruptures sensiment différentes pour l’une et pour l’autre.

Pour le Royaume de Suède, la neutralité est très ancienne, délibérément choisie, et concourt à son prestige international. Voulue en 1812 par l’ancien maréchal d’Empire Jean-Baptiste Bernadottedevenu roi de Suède et de Norvège sous le nom de Charles XIV (1818-1844), elle était destinée à éviter au royaume d’être enrôlé d’un côté ou de l’autre dans les guerres napoléoniennes.

Ancienne grande puissance au XVIIᵉ siècle, la Suède dispone de una tradición militar afirmada, una voluntad de dominación regional que mantiene la venganza y los litigios con más estados del espacio balístico y europeo. La neutralité en temps de guerre (et son corolario, la no participación en alianzas militares en temps de paix) a permis à la Suède de réaliser une revolución industrial Puis un développement économique remarquable durant deux siècles, à l’abri des conflits européens puis mondiaux. De sorte que le pacifisme, d’abord vécu en déclin, est devenu une image de marque de la Suède.

Présenter sa candidature aujourd’hui à l’OTAN est, pour la Suède, une césure stratégique: ses esfuerzos de réarmement –notamment de la isla de Gotland, au milieu de la Baltique– trouvent aujourd’hui un aboutissement inattendu. Désormais, la Suède pourrait participer à un conflit armé au sein de l’OTAN. La célebre artículo 5 du traité de l’Atlantique Nord prévoit en effet une assist automatique en cas d’agression d’un autre membre de l’Alliance. Même si une attaque de la Russie contre la Suède est encore improbable aujourd’hui, les points de fricción sont importants en Baltique –où les sous-marins russes opèrent– y dans l’espace arctique. La glace sereine de la neutralité suédoise est aujourd’hui rompue.

Adiós a la finlandización

Pour la Finlande, les enjeux sont bien différents. Antiguo territorio del imperio zarista durant le XIXmi siècle, cet État n’a acquis son independencia qu’à la faveur de la révolution russe de 1917. Et les Relations avec l’URSS ont été particulièrement tumultueuses.

En efecto, après les guerras de invierno (1939-1940) puis de continuación (1941-1945) avec l’URSS, le jeune État finlandais a perdu tout à la fois un territoire économiquement et culturellement essentiel, la Carélieet la possibilité de mener une politique étrangère autonome.

En Finlande, la neutralité est subie et résulte d’une défaite contre le grand voisin. Elle est en outre vécue comme une humiliation prolongée par de nombreux Finlandais pour lesquels la finlandisation est tout sauf une fierté nationale. Le contraste avec la Suède, qui a choisi la neutralité comme condition de sa réussite économique et qui l’a tournée en signe de prestige, est patent.

En lançant un debate rápido y denso sur son réalignement stratégique, la Finlande a véritablement brisé un tabou. En efecto, le pays partage 1.300 km de frontières avec la Fédération de Russie. Il est particulièrement vulnérable aux incursions aériennes, navales et même terrestres de la part de son voisin. À Helsinki, le dilemme était donc presque existentiel: soit maintenir cette finlandización imposée par l’URSS dans l’espoir d’une Certaine sécurité face à une puissance militaire active à ses portes, soit beneficier de l’asurance-vie de l’article 5… au risque de provoquer la Russie.

Le risque stratégique pris par la Finlande souligne le tournant des Relations internationales en Europe depuis trois mois: membre de l’Union européenne (UE) depuis 1995, cette république nordique considere que les garanties de sécurité données par la solidarité européenne sont insuffisantes face à la ruso; elle afirmar également sur la scène européenne la fin du gel de son positionnement stratégique, car elle efface ainsi la finlandisation que plusieurs mouvements nationaux considerado depuis longtemps comme une marque de faiblesse politique; elle annonce, enfin, que le rapprochement avec les États-Unis sera désormais le cap de sa politique étrangère.

Par-delà les différences significatives entre Suède et Finlande, leurs candidatures respectives à l’OTAN marquent, pour la région baltique, l’entrée dans une période de tensions croissantes, de réarmement accéléré et d’instabilité. En efecto, esta candidatura aclara o radicaliza la donne stratégique baltique en faisant disparaître une zone tampon marquée par une neutralité en partenariado libre avec l’OTAN.

Bientôt, les côtes baltiques seront très majoritairement celles de l’OTAN, car l’Allemagne, la Pologne et les trois États baltes font déjà partie du traité de l’Atlantique Nord. Bientôt, les deux États acentuaron los esfuerzos de rearme significativo, que leurs finances publiques et leurs appareils industriels leur permettent. Bientôt, des troupes de l’OTAN pourront être déployées sur ces territoires au contact de zones stratégiques pour les force armées russes.

Toutes ces évolutions changeront la politique intérieure en Suède et en Finlande. Mais cela radicalisera, en outre, assurément la position russe dans la région.

Un nouveau revers pour la russie

La fuerza de la reacción rusa aux candidatures suédoise et finlandaise donne la mesure du choc que les autorités de Moscou ressentent ou prétendent ressentir. Depuis une semaine, avant même la déclaration officielle de candidature, le disours russe a pris un tour menaçant et a abouti à la suspension des livraisons d’hydrocarbures à la Finlande. La rupture stratégique est en effet importante pour Moscou du fait de ces deux candidatures, tout particulièrement la finlandaise.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, les deux États nordiques étaient considérés comme peu menaçants par Moscou, en raison de leur neutralité. En consecuencia, de simples «tests» de souveraineté –des violaciones des espaces aériens ou marítimos– suficiente para mantener la presión a pesar de frais et préserver un équilibre stratégique en somme favorable à la Russie.

Désormais, la Russie va sans doute reforzador hijo dispositivo militar dans un espace très vaste, fortement armé et où elle ne dispose que deux leviers d’action: les bases militaires de Saint-Pétersbourg et l’enclave de Kaliningrad, située entre la Lituanie et la Pologne. Pour la Russie, inquiète de ses frontières occidentales et méridionales, c’en est fini du «confort» militaire au Nord.

Les conséquences pourraient être très lourdes pour le budget fédéral, déjà grevé par les dépenses militaires et les sanctions européennes, et pour l’état des force armées russes, aujourd’hui criticados à l’intérieur comme à l’extérieur de la Russie. Moscou risque l’épuisement budgétaire et militaire à brève échéance, surtout si la procedimiento accélérée d’adhésion est adoptée par l’OTAN.

Más a largo plazo, la postura estratégica de Moscou sera fortement modifiée. Tout d’abord, la Russie se considera comme directement assiégée et menacée dans tous les espaces nordiques: mer Baltique, mais aussi Atlantique Nord et Arctique.

La guerre en Ukraine montre que seule l’assistance mutuelle de l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord aporta une réelle insurance-vie militaire.

Elle risque donc d’accentuer ses iniciativas agressives dans la zone sous toutes les formes –navale, cyber, aérienne, économique. Hors de la zone, elle tentera de lutter contre l’effet domino de ces candidatures à l’OTAN. Car l’établissement de zones tampons était l’un de ses objectifs stratégiques. Aujourd’hui, si les candidatures nordiques sont acceptées et prospèrent, bien d’autres États pourraient suivre, qui chercheront la protection de l’Alliance: la georgiela moldavia et bien sûr l’Ucrania ne pourront pas ne pas réévaluer leurs candidatures respects à l’aune de ce précédent.

Ces candidatures constituyen assurément un revers pour les stratèges russes. Depuis deux décennies, au sein du Conseil OTAN-UE, et depuis 2014 contre lui, la Russie a pour cap principal de rendre imposibles de nouveaux élargissements de l’Alliance atlantique en Europe, après son extension en 1999 et 2004 aux anciennes démocraties populaires ( Polonia, Hongrie, Slovaquie, République tchèque) et aux anciennes Républiques socialistes soviétiques baltes.

En déclenchant l’opération militaire contre l’Ukraine, la Russie a obtenu un efecto de retorno (reacción) strictement contraire à ses objectifs cardinaux. Le revers est aujourd’hui patente.

Autonomía estratégica europea

Ces candidatures nationales auront des effets continentalaux, à brève et plus longue échéance. En effet, Suède et Finlande ont, par le fait même du dépôt de leurs candidatures, manifesté le peu d’assurance qu’ils plaçaient dans l’assistance mutuelle entre États membres de l’Union européenne prévue par el artículo 42 du traité sur l’Union européenne (TUE). Pour eux, la guerre en Ukraine montre que seule l’assistance mutuelle de l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord apporte une réelle insurance-vie militaire.

Les candidatures nordiques sont, en creux, un signe, si ce n’est de defiance, du moins de scepticisme envers les contracts consentis par les Européens dans le domaine de la sécurité colectivo. En le voit dans le domaine médiatique: ce sont les États miembros de l’OTAN, mais hors Union européenne, qui sont les plus actifs au sein de l’Alliance à la suite de ces candidatures. La turquesa et le Royaume-Uni se sont immédiatement prononcés sur le sujet. Leur but est de retrouver un rôle en Europe, que leurs Relations difficiles avec l’Union européenne leur refusaient.

¿Un efecto dominó?

La réorientation stratégique des deux États nordiques servirá a également de précédent à l’intérieur de l’UE pour tous les États qui sont historiquement addedés à une forme de neutralité comme l’Autrichel’Irlande, Chipre y Malta.

Ces quatre États membres sont eux aussi membres du Partenariat pour la paix de l’OTAN. Chacun una tradición de no compromiso en las alianzas y conflictos armados que explique soit par sa taille, soit par sa position dans l’espace européen, soit par un passé colonial. Dans une Europe où les zones tampons disparaissent, où les blocs se reconstituent et où la neutralité devient syne de vulnérabilité, des evoluciones rapides sont à prévoir.

Pour les États nordiques comme pour la Russie, pour l’Alliance comme pour l’UE et pour tous les États qui observaient una cierta distancia à l’égard de l’OTAN, ces candidatures marquent un tournant significatif. Que la non-appartenance à l’OTAN soit choisie (Autriche, Irlande, etc.) ou subie (Ucrania, Géorgie, Moldavie), désormais, seule l’adhésion à l’Alliance apparaît comme une garantie de sécurité.

À brève échéance, tous les États de l’espace européen au sens large seront sommés de prendre parti: c’est, en Europe, la fin des neutralités, l’extinction des zones tampons et la disparition des postures ambiguës ou équilibrées. Les blocs militaires sont en voie de constitution rapide et la conséquence en est que l’Europe sera désormais traversée par une ligne de front durable.

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Source: Slate.fr by www.slate.fr.

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